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MVCG MIDI PYRENEES
Président : Michel ORLANDO
Guiraudel - F - 47500 - Cuzorn
e-mail : mvcgmidpy@cegetel.net


Le sherman de midpy.

Le M.V.C.G Mid-Py eut une notoriété nationale en 1990 lors de la résurrection d'un char Sherman 1942 qui avait fait la campagne d'Italie avant d'être détruit au combat….

Ce char Sherman M4.A2 a été en 1990 le tout premier char de la seconde guerre mondiale à être totalement restauré par des collectionneurs civils sur le territoire français.

L'odyssée de ce char débuta aux petites aubes du jeudi 1er mars 1990 quand Bernard Belledent, l'un des fondateurs du M.V.C.G. " MidPy ", entendit à la radio que les sables de La Teste (Gironde) venaient de "vomir" un vieux char en bord de mer. Il lança son président régional Thierry Jacques sur la piste, et la réaction fut aussi rapide qu'efficace : une heure plus tard le président de la F.F M.V.C.G à l'époque., Jean-Pierre Dardinier, était informé qu'il avait un rendez-vous à honorer le lendemain matin avec le colonel commandant la base aérienne de Cazaux: le char était aux aviateurs, il avait servi de cible à des tirs inertes pendant des années avant de s'enfouir lentement dans le sable dans les années 1970. Mais à présent qu'il avait déboulé sur la plage, loin de tout chemin, il devenait un terrible sujet de préoccupation pour les aviateurs à quelques semaines des premiers baigneurs. A tel point qu'on envisageait de le "pétarder"…

L'entrevue avec les aviateurs fut franche et cordiale. Nous étions les premiers civils, certes, à nous y intéresser mais il y avait, aussi le musée des blindés de Saumur qui avait également reçu la nouvelle par radio.

Mais le capitaine J. P. Tribustch, vu l'état du "cadavre", jugea inopportun d'encombrer davantage le '"Golan" de Saumur. Et puis, l'exhumation du vieux monstre ne s'annonçait pas des plus simples… Ainsi, l'armée de l'air a donné son feu vert au M.V.C.G. Midi-Pyrénées qui s'engagea à libérer la plage dans les plus bref délais, ceci dans un climat d'euphorique inconscience, la suite des événements allait le montrer… Au passage, le char avait été identifié comme le rare Sherman diesel, doté au début des hostilités de deux moteurs de bateau " Grey-Marine ".

Une petite trentaine de tonnes d'acier, enfouies en porte-à-faux dans un pied de dune meuble, c'était tout sauf un cadeau. Le premier samedi, il faisait quatre degrés au lever du jour quand la colonne de semi-remorques parvint à pied d'œuvre. Un porte-char avec une pelle hydraulique de belle taille, deux Wreckers et un 6x6 garni de plaques d'envol…

Il fallut vider à la main les tonnes de sable qui garnissaient le char - il n'avait plus de moteur -avant de penser pouvoir bouger quoi que ce soit. Basculement sur le coté, quart de tour, déchenillage, puis rebasculement sur les larges skis de métal - qui avaient été préparés pour éviter l'enfoncement - furent les premières manoeuvres. Les aviateurs vinrent nous regarder faire en Méhari et en Peugeot "Dangel" : leurs puissantes grues n'avaient pas le droit de s'éloigner des pistes de la base aérienne, en cas de "crash" imprévu.

L'embrayage de l'un des Wreckers éclatait sous l'effort, et de surcroît la marée montait : il fallut battre en retraite, un peu déconfits, un Ward remorquant l'autre sur deux mille mètres de plage. Et il fallut deux heures de plus pour faire grimper la dune au Ward éclopé, au treuil mouflé et aux plaques d'envol, dans un sable aussi porteur que du couscous pas cuit…

Re-belote le samedi suivant : l'équipe des transports Duscio - généreux sponsor - qui en a vu d'autres, s'investissait encore plus avec du matériel ad-hoc : une pelle hydraulique encore plus grosse et un monumental bull "D-8" - quelques 30 tonnes… - pour tirer le char sur ses larges skis pendant deux kilomètres.

Un véritable travail de chasse-neige, à petits pas, le bull parfois se cabrant ! Mais en début d'après-midi, au pied de la pente de sable mou menant au goudron, il fallait bien se rendre à l'évidence : on cassait beaucoup mais on n'avançait plus guère. Les dernières dizaines de mètres seraient les plus dures… Bien que réparé dans la semaine, le Wrecker seul ne suffisait pas.

Et le troisième samedi, avec le retour de Jean Gomis, - Président du club voisin - de son calme de "pro" et de ses treuils, le Sherman se décida à bien vouloir monter, mais pas à la course !

Les deux semi arrimant les Wreckers en plein effort, se payèrent même le luxe, toutes roues bloquées, de reculer de plusieurs dizaines de mètres…, mais le char arriva en haut.

Et en guise de clin d'œil ironique aux perturbateurs qui l'avaient exhumé il montra que ses galets tournaient encore : il faillit redescendre de la remorque tout seul ! Le plus dur était fait : les aviateurs le "dépolluèrent"- théoriquement - de ce qui restait des têtes de projectiles, le rincèrent abondamment, et le char put enfin partir vers Villeneuve-sur-Lot une semaine plus tard.

Ils restait à préparer la remorque Rogers à 24 roues, récemment acquise par la Fédération : sablage, peinture, mais surtout démontage des roues, réparation des crevaisons et autres, révision des freins, graissage, etc…, deux grues de spécialistes placèrent ensuite le M4.A2 sur sa remorque d'époque : on a su ainsi que, allégé comme il l'était, il pesait encore 25 tonnes… Premiers essais, premiers ennuis : un boogie de la remorque se bloqua d'un seul coup et fit caler le Diamond ! Cela occasionna une journée supplémentaire de travail pour démonter les roues, décoincer les tambours..., sur la remorque qu'il n'était plus question de décharger. Il va sans dire que c'étaient les roues du milieu, par conséquent les moins accessibles !

Imprévu : le Wrecker aux bains de mer, comme en 44 !

Pris dans le feu de l'action, on se laisse parfois surprendre par la marée. Surtout lorsqu'il y a ces spécialités landaises, les "baïnes" - des creux en arrière plage - qui se remplissent subitement. Le Wrecker en plein effort a été pris de vitesse par une lame. Résultat : un bain de pied plutôt appuyé, pour le camion comme pour les hommes et la musette de Charles dans le coffre à outils n'en a pas perdu une goutte. Un dessalage sérieux suivi d'une pulvérisation à l'huile de vidange ont conjuré le mauvais sort oxydant, cela faisant aussi partie aussi des souvenirs…

Apres trois samedis d'une débauche phénoménale de moyens
techniques et humains pour parvenir
à l'exhumation du Sherman des sables, une tâche tout aussi
gigantesque sera nécessaire pour la
résurrection de ce monolithe d'acier rouillé,
au passé chargé d'histoire.

Entre le vendredi 2 mars et le mardi 8 mai, un peu plus d'une soixantaine de jours se seront écoulés. Cela restera les deux mois les mieux remplis pour le M.V.C.G. Midi-Pyrénées et ses copains. Déjà bien occupés à préparer le 45ème anniversaire du débarquement en Normandie, qui fut d'ailleurs mémorable, ils eurent en plus à faire face à cet imprévu : ce fameux Sherman qu'une tempête venait de ramener au jour sur une plage du coté d'Arcachon, pas loin de la dune du Pyla. Mais c'était sans compter sur la détermination de ceux que toute la presse - régionale et nationale - allait bientôt surnommer : "les mécaniciens de l'impossible". Deux mois après en effet, plusieurs milliers de personne à Villeneuve-sur-Lot, au cours d'un mémorable défilé, le regardaient passer, tout rouillé, sur le porte-char Rogers à 24 roues, attelé au Diamond M-20.

Entre-temps personne ne s'était vraiment ennuyé. Et comme le disait un spectateur, très attentif, mais néanmoins avisé : "il en reste encore un peu à faire !"

Après une petite journée de gloire, l'heure de la résurrection :
Cela commence bien par une mise en pièces totale…

Lors de ce défilé du 8 mai 1990 dans les rues de Villeneuve, le passage de ces quelques 25 tonnes de rouille s'attira quelques moues dubitatives de la part du public. "Ça marchera ce machin tout rouillé ? Mais il n'y a pas de moteur. Et les chenilles, elles sont où ?". Bref, la taille du chantier avait de quoi faire baisser quelque bras…

C'était compter sans Marcel Jacques qui avait sans doute eu très peur de s'ennuyer cet hiver là : dans sa tête, en s'endormant, tournoyaient les projets. Et puis voilà un coup de fil d'un ami de Tours : "Vous savez, du coté de Bressuire, il y a un original qui a eu des Shermans"; La graine était lancée : une reconnaissance en Vendée sous la pluie de juillet, une expertise rapide, une discussion plus longue avec le détenteur : en définitive, le club investissait ses réserves dans l'achat d'une embase de Sherman - découpée au dessus des chenilles - mais sur lequel, vendeur dixit, tout fonctionnait et serait livré en état de marche !

L'affaire fut donc arrêtée, et ainsi, l'épave des dunes allait pouvoir greffer cœur, bras, et autres accessoires sur sa vielle coque une fois rajeunie. Quand on pense que, il y a peine deux mois, le vieux char ne savait pas encore qu'il reverrait le soleil… A plus forte raison, ce tas de tôles oxydées et salées, ignorait qu'il rajeunirait de manière aussi spectaculaire !

Il faut dire qu'il est tombé sur une fameuse équipe de spécialistes en réanimation, les choses sérieuses n'ayant vraiment commencé qu'à la fin de l'été 90. Le Président d'honneur Marcel Jacques avait commencé à sortir ses grosses clés US et les rallonges, nous, avec la canicule, nous le regardions, avec un étonnement circonspect et un peu incrédule, perdre des litres de sueur à vouloir dominer la montagne de rouille.

Commença alors le compte à rebours et on a très vite vu qui était le patron : le Sherman a perdu, il s'est laissé faire… Le début aussi des surprises. Après quinze ou vingt ans dans le sable marin, les énormes écrous ne se dévissaient-ils pas presque tous ? Certes, les grosses vis à tête fraisée de la tourelle donnèrent plus de fil à retordre. Il fallut trouver et adapter quelques ruses, mais au bout d'un mois de travail à quelques-uns - oh ! pas des dizaines, vous vous en doutez, toujours les mêmes - les barbotins étaient démontés - le gauche était neuf avec son réducteur à chevron baignant dans une huile quadragénaire - puis, une fois le char descendu lentement de sa remorque - 5 heures ! - on passa aux choses plus sérieuses.

D'abord vider l'intérieur de ses accessoires oxydés, démonter et sortir la boite à vitesses - par le trou de la tourelle, s'il vous plait - et au passage la découverte de trois vielles ogives de 75 "oubliées" que le déminage bordelais vint prendre en charge. On avait frôlé les "soucis" de quelques centimètres, heureusement Frédéric avait décelé le danger en passant à plat ventre sous la trappe d'évacuation !

Ensuite, ce fut le tour du canon de sortir vers l'avant pour alléger la tourelle, que le Wrecker se fit une joie de soulever le 1er septembre, alors que l'ami Gilbert renforçait l'équipe. On ne met pas les deux chenilles dans le même sabot !

Le char était destiné au début à être présenté "en pot de fleur" sur sa remorque d'origine, la Rodgers à 24 roues tracté par un Diamond M20 lui aussi d'époque, mais la découverte d'une motorisation compatible avec le faible volume du compartiment-moteur a décidé les mécaniciens de l'impossible de se lancer un défi : le voir défiler par ses propres moyens un an après !

Ils n'étaient le plus souvent que cinq, sous la direction de Marcel , dans un local prêté par la municipalité de Villeneuve. Frédéric Bibal, le benjamin du club, qui attirera dans cette aventure son père Denis Bibal, qui à son tour, attira Gilbert Maugard, quatrième - et bigrement efficace - mousquetaire de l'opération. Ils furent ensuite rejoints par Michel Marchal. Ensemble, ils vont effectuer l'essentiel du long et lourd travail de nettoyage, des coups de mains extérieurs venant ponctuellement faciliter ou accélérer certaines opérations. Car il s'agit de tout démonter, tout nettoyer, tout remettre en état, chercher les pièces nécessaires pour remplacer celles qui ne sont pas restaurables, vérifier le bon fonctionnement de chaque pièce mobile, etc. etc. Frédéric faisait des journées de grattage dont il ressortait comme un mineur d'avant guerre. Avec le renfort du peintre de service, par ailleurs Président Fédéral à ses heures, le commando de choc après avoir fait mal au Sherman, en était désormais à lui faire plaisir.

Imaginez-vous le changement en quelques six mois, même pas : le char a été vidé, démonté, gratté, détourellé, décanonné et j'en passe. On a acheté une vielle épave pour avoir de quoi remplacer foule de choses indispensables.

Et aux premiers jours de février 91, tout propre dedans - mais pas encore peint - le vieux M-4 avait vu tourner - sans chenilles - ses barbotins et sa boîte à vitesse : c'était pour l'ultime rinçage de nettoyage à l'huile de vidange, mu par un - provisoire ! - moteur électrique. Avec deux boîtes de vitesses, nous en avions remontée une qui fonctionnait, pont, freins et différentiel retrouvant ainsi la vie.

Parallèlement à cela, tous les trains de roulements avaient été démontés en petites pièces, sablées, repeintes, et remontées avec des bandages caoutchouc neufs. Le canon, pour sa part, avait retrouvé un air plus sérieux après passage à la grenaille.
Le puissant moteur diesel qui est destiné à faire bouger tout cela était récupéré grâce à un généreux sponsor, s'insérant parfaitement dans le compartiment moteur, il ne restait qu'à ajuster les fixations.
Bref, le Sherman mort retrouvait ses joues roses : tout de kaki revêtu après burinages, ponçages multiples, et les traitements de surface appropriés, il faisait bigrement vrai. Un fameux travail d'équipe !

Un an plus tard…, la consécration !
Climat style normand pour baptiser le Sherman
le 8 mai 1991 à Villeneuve sur Lot.

De la première à la dernière minute de toutes les cérémonies du 8 mai 1991 à Villeneuve sur lot, il sera tombé un de ces super crachins digne de nos amis Normands, voire Bretons si l'on s'en réfère à la tradition orale et aux diverses légendes… Q'importe, la fête aura été réussie malgré tout, même si l'on s'est parfaitement trempés. Car c'était bien une fête : une année d'efforts pour Marcel Jacques, et son équipe réduite mais efficace, achevée par l'apothéose de l'incroyable. Ce bloc de rouille n'était-il pas revenu à la vie ?

Un événement qui à été repris en long et en large par les quotidiens et qui connut la renommé nationale qu'il méritait alors. Malgré la pluie, les spectateurs étaient venus en nombre, et ils n'en croyaient pas leurs yeux en découvrant un char apparemment neuf devant le monuments aux morts. "On se croirait à Courseulles." a dit un visiteur averti. Mais à cette différence que le Sherman n'était pas "potiche", il fonctionnait.

Dés neuf heures du matin, sur la remorque Rodgers derrière le Diamond M20, il arrivait avec une digne lenteur, et on le déchargeait devant quelques dizaines de curieux matinaux. Après les gerbes et discours de 11h, lorsque les notables vinrent baptiser le char dans une forêt de parapluies, il y avait un monde fou, tout autour, la bousculade pendant que l'équipage, en blouson de tankiste se hissait à bord du char qui avait recouvré ses couleurs d'origine de la 5° DB française, de la campagne d'Italie - C'est avec l'armée de Lattre en effet que le Sherman progressa en France libérée avant d'être percé par un "Panzerfaust" allemand qui le mit hors de combat et tua son équipage, la charge creuse ayant touché le point faible bien connu, la soute à munitions latérale.

Et lorsque, après un quart de seconde de bruit de démarreur, le moteur tourna, un "Ahhh !" sourd s'éleva par dessous les parapluies. C'était donc vrai ! Les appareils photos crépitent, un petit nuage bleu derrière le char témoigne que c'est bien un moteur qu'on entend . C'est l'attroupement, Marcel parle dans le téléphone, en bas Gilbert recoit fort et clair, essaie une derniere fois l'accelérateur à main et les leviers, cependant que Fréderic, hilare et heureux, a même oublié qu'il pleuvait. Il vit un réve tout éveillé, ça fait plaisir à voir : anecdotiquement, c'était lui le benjamin du club, et il partageait l'honneur bien mérité de défiler à bord du char avec Marcel, le doyen. Un char, ça vous rapproche les générations ! Il faut que le président fédéral, dégoulinant comme tout le monde, pousse un grand coup de gueule pour que le public consente à s'ecarter : dans leur dos, le reste d'un petit défilé, au couleur de "Rhin et Danube" est passé presque inaperçu… Et le mastodonte s'ébranle, descend le trottoir, attaque la chaussée luisante - où il ne laissera pas trop de traces - entre deux haies de spectateurs trempés et stoïques. Devant la tribune officielle, des bravos, des hochements de têtes impressionnées, des commentaires : le M4 glisse sur ses chenilles dans le petit ronron de son diesel. Et alors la surprise : alors que le char poursuit tout droit vers l'endroit de rechargement, la foule se met à marcher à ses cotés avec les pépins. Ils ne veulent pas en perdre une miette, ils se disloqueront qu'à regret, lorsque le vieux char remontera sur sa remorque et disparaîtra aux regards. Quelle aventure !

Depuis 1991, le Sherman des sables aura sillonné la France de long en large. Bien sûr, il a foulé les plages du débarquement en Normandie, il retrouva aussi les plages de Provence où il fut "abattu" en Août 1944. De Villeneuve à Agen, de Tulle à Périgueux, de Toulon à Aix en Provence, de Lyon à Grenoble, de Parthenay à Orange, de Béthune à Bayeux et même Ajaccio en 2008, la liste est longue, et certaines de ces villes l'auront même vu plusieurs fois.
Il a aussi participé au tournage d'un film dans le bocage Normand. Ce film a été commandé et réalisé pour le musée d'Arromanches à l'occasion des cérémonies commémoratives du 50ème anniversaire du débarquement, il est encore diffusé de nos jours sur un écran 360°.
Lorsqu'il sorti des chaînes de montage en septembre 1942, le vieux Sherman M4-A2 ne se doutait pas qu'il aurait une carrière militaire aussi brève, et une carrière "civile" aussi longue. Il aura fallut quelques 4 000 heures de travail pour sa résurrection, et grâce aux "mécaniciens de l'impossible" et de leur incroyable défi, il peut savourer aujourd'hui une retraite toute à sa gloire !

Dossier mis à niveau le 10 mars 2009.

Jean Pierre Dardinier.