Blindés improvisés au Salvador.

Soit que les véhicules en dotation régulière ne suffisent plus à la tâche, soit qu'ils ne répondent pas aux besoins spécifiques des opérations "anti-guérillas", il est rémanent que cette lutte entraîne quasi systématiquement la réalisation de nouveaux et parfois cocasses matériels.

Ainsi et pour exemple, en Afghanistan, pour escorter les convois routiers et disposer d'armes à même de tirer vers le haut sur les partisans afghans retranchés à flanc de montagne ou derrière les crêtes, vit-on les Soviétiques installer des bi-tubes antiaériens de 23 mm sur les plateaux de camions 6x6, et luttant alors contre le Polisario, les Marocains faire de même sur des camions cette fois de marques américaines.

De l'autre coté de l'Atlantique, les combats salvadoriens d'alors donnèrent eux aussi naissance à de multiples improvisations. Pour protéger le déploiement des troupes contre les embuscades, l'armée salvadorienne réalisa avec les moyens du bord d'hybride V.T.T. blindés à roues, issus du "bricolage" de camions de transport, même de camions-bennes.

Les premiers modèles observés furent ceux très rudimentairement protégés par quelques plaques de blindage percées de fente de vision entourant les plus vulnérables points de la cabine de conduite. L'infanterie était quant à elle transportée à l'arrière, dans une vaste caisse légèrement blindée, pourvue de meurtrières, puis pour couronner l'ensemble, une trappe dans le toit, un bouclier, voire parfois une petite tourelle cubique, permettaient de servir une mitrailleuse.



Ce camion-benne Kaiser Jeep M51 à été hâtivement blindé : protection frontale de la cabine, surélévation de la benne, meurtrières…,
Noter la tourelle carrée avec mitrailleuse et projecteur - Photo Sygma - A. Keler.

Pour les modèles suivants, toujours aussi artisanalement, un blindage avant enveloppe moteur et cabine, les simples fentes sont remplacées par des blocs de verre blindé.