Souvenir algéro-canadien !



A la Libération, il est bien connu que l'armée française, exsangue de matériel national qui était largement passé à la Wehrmacht, se reconstruisit dans l'urgence avec les moyens du bord. Hors hexagone, avec des engins vieillots des années 30 rescapés des combats d'Europe, et en métropole avec essentiellement les surplus U.S. en grande quantité.

Sans oublier aussi les surplus anglais qui, cette fois, ne rembarquèrent pas tous à Dunkerque : majoritairement, c'est la Marine qui hérita des petites séries de camions british, et même de Bren-carriers pour les fusiliers. Il y eut aussi quelques prises sur abandon des armées allemandes en retraite : ne vit-on pas en 1949 défiler à Alger une pièce anti-aérienne de 88mm Flak tractée par un semi-chenillé Krauss-Maffei garni de "gaulois" en calots d'artilleur…

14 juillet 1951, Alger, boulevard Baudin, Dodge Canada 15 Cwt.

Voici une autre image algéroise, fort peu connue, et datée du 14 juillet 1951. Dans les troupes motorisées défilant sur les pavés du boulevard Baudin, sur le front de mer, ces Dodge Canadiens 15cwt à deux roues motrices mais à gros pneumatiques, enluminés de flancs blancs. Une quinzaine d'hommes, arme au pied, y sont assis derrière le fusil-mitrailleur du chef de section.

L'armée française avait limité la transformation au remplacement de la caisse-métal par une caisse haute à ridelles bois, étrange idée qui ne facilitait pas la sortie du personnel.

A noter une originalité : seule la moustache gauche du pare-choc a été peinte en blanc !

Jean Pierre Dardinier.