Le Somua va voyager.



Aucun doute pour les spécialistes de France-40, il s'agit bien là d'un petit char Somua S-35, un blindé léger d'une quinzaine de tonnes, bien protégé, rapide dans sa catégorie et qui eut juste le temps de donner satisfaction aux militaires français en 1940.

Mais pas qu'à eux : la Wehrmacht eut grand soin de récupérer ensuite tous ceux qu'elle n'avait pas détruits pour les réutiliser en feldgrau - et même en céder quelques-uns aux italiens !
Celui-ci appartenait au 4ème Cuirassiers, et il a été capturé : en effet, il n'est pas ici sur une des rarissimes remorques porte-char Coder sur bandages, mais sur une large "Tieflade-anhänger" teutonne, nettement pus moderne que chez Coder !

Quatre essieux à grandes roues simples, directionnelles avant et arrière - sur cette image, on voit le siège et le volant de l'assistant qui dirigeait en plein air les quatre roues arrière. Le berceau porteur, surbaissé entre les roues, pouvait porter 22 tonnes - la classe des Panzer 3 et 4 au début de la guerre - et la remorque pesait 13,8 tonnes à vide. Le système de chargement cependant devait se révéler assez complexe par la plage avant, surtout lorsqu'il s'agissait d'un char en panne ou abîmé.

Quelques 200 exemplaires furent fabriqués par différentes usines mais jusqu'en 1943 seulement, les chars devenant alors trop lourds . On notera que ce Somua, dont on voit ici la face arrière - barbotin et long capot moteur - avait quand même du avoir quelque souci avant son chargement car son canon de 47mm, manifestement coincé, a vraiment une drôle d'allure en tirant de travers vers l'arrière.

Quant à la photo, elle a vraiment été prise en France : on lit, sur le bâtiment derrière, une de ces publicité peintes sur les murs à l'époque et vantant les "Bougies Floquet" et des pistons de marque illisible.

A noter aussi par goût du détail pittoresque la cale en bois qui sécurise artisanalement mais efficacement l'immobilité de la remorque stationnée sans son tracteur.

J.-P. Dardinier.