ZIS soviétiques, le "copier-coller"
des Packard de l'Oncle SAM.


ZIS, ZIL…, à ces noms nous reviennent confusément en mémoire les images d'interminables et austères limousines soviétiques, mystérieuses, noires, inquiétantes…, qui dans la période "d'avant la chute du mur", véhiculaient la nomenklatura du politburo.

A l'origine, en 1916, sous le règne de Nicolas II tsar de Russie, quelques mois avant la révolution de 1917, ZIS qui se nomme alors AMO - Avtomobilnoe Moskovskoe Obshchestvo - produit automobiles, puis en 1924 ses premiers poids lourds.

A partir de 1928, les plans quinquennaux prévoyant tout, y compris la production automobile pour les élites, si Lénine roule alors en Rolls Royce, Staline souhaite quant à lui être véhiculé dans une voiture de fabrication soviétique.

Ainsi de 1929 à 1931 rénove-t-on les usines de Leningrad, qui produisent la première voiture, la L1, étroitement dérivée des Buick américaines. En 1933, l'on transfère cette production vers un nouveau site moscovite plus moderne, l'on rebaptise la firme "Zavod Imjeni Stalina" - Usine Staline - en abrégé. ZIS, et l'on consacre partie de l'outil industriel à la production de voitures d'apparat destinées aux dignitaires gouvernementaux.

1936 - succédant à la L1, du conglomérat des Usines Staline, celle de Gorki lance la ZIS 101, une berline dont la carrosserie s'inspire sans conteste de ce qui se fait alors au "Pays de l'Oncle Sam". Fabriquée en quantité restreinte, exclusivement sur commandes gouvernementales, ses caractéristiques sont impressionnantes : 5,75 mètres de long, 2,5 tonnes, moteur Buick à huit cylindres, cylindrée de 5,8 litres,
95 ch., 115 km/h., boîte de vitesses automatique à trois rapports avec convertisseur de couple, son taux de compression bas - 4,8 / 1 - l'autorise à rouler avec des carburants d'une qualité moyenne.


Staline et la ZIS 101.

Ainsi considèrent-on la ZIS 101 comme l'automobile la plus prestigieuse construite jusqu'alors en ce pays. Du point de vue technique, elle introduit d'importantes nouveautés comme les amortisseurs à double effet, les carburateurs à double corps, le désembuage du pare brise, la boîte de vitesses synchronisée, le thermostat, le poste de radio…, et malgré son poids élevé, atteint les 120 km/h. Sa production, à vrai dire assez limitée, continue jusqu'en 1940, année où est introduite la ZIS 101/A, modèle, qui à part un remaniement esthétique de l'avant, offre une puissance de 116 ch. et s'enorgueillit de pistons en aluminium.


En la gamme, une version ambulance est également développée à partir de la ZIS 101, ainsi la partie arrière bénéficie-t-elle d'un hayon, tandis que l'habitacle est aménagé afin de recevoir le malade et l'équipe médicale.

En 1941, lors de l'invasion des troupes allemandes, la fabrication des ZIS est suspendue.

De l'autre coté de l'Atlantique, aux Amériques, à même époque, dés l'organisation de l'armée des Etats Unis, les officiers se précipitent vers la voiture la plus luxueuse dans leur pays. Ainsi repeinte en kaki, la Custom super 8 de Packard devient la plus vu, à tel point que lorsque le gouvernement américain reçoit des demandes incessantes de Staline pour un véhicule à exporter vers l'U.R.S.S., c'est le modèle de la série 18 qui avec un jeu complet d'outillage, lui est envoyé.

En 1945, ZIS reprend sa production avec la version 110 - une copie des Packard - et dans le cadre d'un programme d'aide à la reconstruction, permettant de réduire le temps nécessaire à de nouvelles études, les soviétiques récupèrent chez Briggs l'outillage Packard adapté au modèle 110.

Le 8 cylindres de 137 ch autorise alors aux prix d'une consommation en carburant atteignant 28 litres au 100 km., de tutoyer la vitesse de 145 km/h.

Dans la "gamme", une version dépouillée est utilisée comme taxi ou comme ambulance et ZIS, sous la dénomination 115 offre - pesant près de trois tonnes - une version blindée de la 110. Produite avec ses dérivées à sensiblement. 10 000 exemplaires, elle est construite et commercialisée jusqu'en 1958.

Les deux vues ci-dessous permettent de bien se rendre compte des similitudes entre la ZIS - voiture blanche - et la Packard - voiture noire.


Et ZIS devient ZIL.

En 1953, à la mort de Staline, Kroutchev prend le pouvoir, remet en cause le système mis en place par son prédécesseur, ainsi lors de la "déstalinisation", si les portraits de Staline disparaissent, que Stalingrad devint Volgograd…, ZIS se transforme en ZIL - Zavod Imeni Likhacheva.



Igor Guzienko, Nasser, Kroutchev

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Serge Pivot.