S.I.V. et V.L.C.

Quelle est donc la face cachée du système d'immatriculation des véhicules - S.I.V. - qui pourrait perturber les collectionneurs de vieilles machines civiles ou militaires dans l'exercice de leur passion ?

Un véhicule de collection doit être restauré "sorti d'usine", c'est à dire rendu à l'état "neuf" de sa première mise en circulation. Une tolérance doit, néanmoins, trouver sa place pour des petits suintements d'huile, une direction plus démultipliée que sur les véhicules modernes, des freinages sans assistance la plupart du temps… Il faut aussi rappeler que les routes départementales ou vicinales d'aujourd'hui étaient l'infrastructure nationale voici 70 ans. Il y a, malheureusement et nous le savons tous, des indélicats qui font rouler des matériels immatriculés en collection, mais dans un état déplorable, constituant un danger pour eux-mêmes et pour les autres.

Pour les V.L, la F.F.V.E. a négocié la mise en œuvre de points de contrôle avec le Ministère des Transports et avec l'U.T.A.C. : aspect général du véhicule et contrôle allégé dans un centre technique ont reçu l'aval des pouvoirs publics - réf. : décret d'application paru en Octobre 2009. La qualité de restauration du véhicule présenté, ainsi que son maintien en condition sont, désormais, effectivement pris en compte. Ainsi, cette contrainte de visite devient une marque de reconnaissance pour le travail du propriétaire: ce dernier ne peut qu'en tirer une fierté à la hauteur de sa passion.

Cependant, il est vrai que la déception - aujourd'hui - est grande pour les propriétaires de V.L.C. - Véhicules Lourds de Collection. En effet, ceux-ci se voient appliqué un "copié collé" du texte destiné aux V.L.

Ce texte est, bien entendu, totalement inadapté et, de surcroît, impossible à mettre en œuvre.

Illustration :

le défaut d'infrastructures adéquates - disparition des pistes de freinage avec décéléromètre au profit de bancs d'épreuve obligeant, sur un camion ancien en 6x6, au démontage d'un arbre de transmission ou d'un demi-arbre de roue,
la non compatibilité des moyens techniques de contrôle d'aujourd'hui avec les technologies de collection - ex. : réglages des moteurs.

Ces deux exemples permettent de comprendre aisément pourquoi les V.L.C. ne peuvent être contrôlés comme des V.L. avec des moyens faits pour des poids lourds du XXIème siècle. Et puis, il faut aussi compter avec la faible densité des centres de contrôles spécialisés sur le territoire, et donc les coûts supplémentaires pour déplacer des V.L.C. qui, par ailleurs, ne parcourent, au plus, que 500 km par an…

C'est pour ces raisons que la F.F. M.V.C.G. apporte en ce moment même, par la voix de son président, toute son expérience et ses compétences à un nouveau projet élaboré sous l'égide de la F.F.V.E., projet qui sera présenté aux pouvoirs publics en ce début d'année.

Les négociations sont en cours, et nous restons confiants. Nos correspondants sont conscients de la nécessité d'agir vite pour modifier le décret d'application pour les V.L.C.; ils nous réservent le meilleur accueil et nous disent grandement apprécier le sérieux de nos travaux et de nos propositions. Mais nous savons aussi que la multiplication d'interventions désordonnées, peu "professionnelles" et peu raisonnables nuisent au traitement du dossier, peuvent le retarder, voire le mettre en risque.

L'issue du dossier S.I.V. ne doit pas être perdue de vue : le contrôle technique adapté à nos véhicules de collection sera la garantie de la qualité des matériels restaurés, et la preuve de l'investissement des propriétaires qui, fièrement, maintiennent en condition un patrimoine technique, industriel et historique.

Janvier 2010.

Alain Quéméner
Président de la F.F. M.V.C.G.
Administrateur F.F.V.E.