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L'E.B.R. en quelques lignes.
Il est aujourd'hui encore nombre considérable de français
qui ayant de 1950 à 1985 servi dans la cavalerie, pour
lesquels l'Engin Blindé de Reconnaissance Panhard
est et restera la "monture de leurs vingt ans".
Véritable révolution technique dés son
apparition, cet engin exceptionnel synthétise toutes
les technologies alors accumulées depuis des décennies,
ainsi trente années durant demeurera-t-il sans équivalent
dans le monde militaire des engins blindés de reconnaissance.
1943, Afrique du Nord, la Cavalerie française
et les régiments de reconnaissance perçoivent
des matériels étasuniens à roues - Scout
car, AMM8
- qui généralement mieux
conçus que ceux français d'avant-guerre, sont
toutefois incapables de faire face aux chars allemands et
n'apportent pas la réponse de ceux attendus. Si le
nombre y pallie, emporte l'enthousiasme, avant la fin même
du conflit, en mesurant les limites - solution provisoire
nécessitée par l'urgence - la cavalerie
réclame la reprise des fabrications de l'AMD 178
- 1935, tourelle APX 3 B, canon de 25 mm et mitrailleuse
de 7,5 mm.
Armée à l'origine
d'un canon de 25 mm SA 34, emportant un équipage de
4 hommes,
l'histoire de l'A.M.D. 178 remonte au début des années
1930 avec la création de la
PANHARD 165 / 175 - Surnommée "Panpan" par
les équipages du fait du bruit de son moteur.
Photos Musée des blindés de Saumur.
Cette voiture équipe l'armée d'armistice. Sa
tourelle APX 3 B est alors armée de deux mitrailleuses
de 7,5 mm. Dès la libération, la fabrication
des A.M. Panhard est relancée. Equipée d'une
nouvelle tourelle Five-Lille, elle est armée d'un canon
de 47 mm SA 35. Dénommée Panhard 178 B,
elle est servie par les régiments de chasseurs d'Afrique
au Maroc et en Tunisie, et participe également à
la guerre d'Indochine.
Mars 1945, l'industrie française de défense
est exsangue, ses moyens détruits, mais sorte de défi,
l'Etat-Major de l'Armée de Terre lance un programme
pour engin blindé de reconnaissance - une très
grande mobilité sur route et en tout-terrain, une autonomie
importante, un armement puissant, une conduite dans les deux
sens
- sont requis. Quatre constructeurs spécialistes
des engins à roues tout-terrain, Panhard & Levassor,
Hotchkiss, Latil et Lorraine concourent alors.
Panhard, firme de la Porte d'Ivry, qui peu avant la
seconde guerre mondiale a présentée son AM
201, ne s'imagine pas que son concept, solution d'avenir
- caisse dont l'architecture assure une protection balistique
renforcée, train de roulement offrant avant la lettre
une protection balistique additionnelle - survivra au
conflit. Reste à reconsidérer l'armement sous
tourelle qui se doit d'être au moins égal au
calibre de 75 mm. du Sherman. Naît l'AM 212 - futur
E.B.R. - qui reprend les grandes lignes de sa devancière,
bénéficie de l'expérience de cinq années
de conflits, mais deux hommes dans la caisse, deux autres
en tourelle impliquent solution technique pour le moteur ?
Autour du programme d'automitrailleuse
de 1938 PANHARD étudie l'AM 201,
engin à 8 roues, armé d'un canon de 37 mm SA
38, équipage de deux hommes,
le prototype présenté en 1939 est suivi d'une
commande de 600 exemplaires
sous la désignation AM 40 P.

Mars 1940, en la propriété
de la famille Panhard, à Rozay-en-Brie,
le général Prioux, patron de la cavalerie d'alors,
entouré d'un aréopage d'officiers de l'arme,
se font expliquer les détails de la nouveauté
du constructeur de la Porte d'Ivry,
la "Voiture 201", future AMP 40.
Avril 1946, Panhard reçoit commande pour un
E.B.R. à 8 roues et un second à 6 roues. De
son coté Hotchkiss, suivi par Latil, reçoivent
commande pour un prototype.
Juillet 1948 Panhard finalise son premier prototype
à 8 roues motrices en permanence, indépendantes,
et suspension oléo-pnematique. En août il est
prêt, en mars 1949 Hotchkiss présente le sien.
Mis en essai au 1er régiment de spahis de Tours, son
adoption approuvée le 23 septembre suivant, les premiers
E.B.R. sortent d'usine, début 1952 ils sont expérimentés
par la S.T.A. - Section Technique des Armées -
Fin 1952, les premières voitures rejoignent le 8ème
régiment de hussards qui commence leur mise au point
sur le terrain - caisse et tourelle. En octobre et
novembre 1953, elles sont testées sur un parcours de
17 000 km non-stop. Le 14 juillet 1953 les E.B.R. Panhard
du régiment défilent pour la première
fois sur les Champs Elysées, il en sera de même
en 1954, 1955. En août 1955, les escadrons du 8ème
hussards rejoignent l'Algérie avec leurs voitures.
Ainsi six années après l'émission du
programme, si les autres grandes puissances telles que les
U.S.A., l'U.R.S.S. ont opté pour des chenillés,
les unités de Cavalerie françaises disposent
quand à elles d'un engin sans équivalent.
Le moteur.
S'inspirant du moteur à deux cylindres des "Dyna"
l'ingénieur Delagarde et son second Gustave Géry
imaginent un douze cylindres à plat refroidi par air
dans son volume, ainsi le moteur s'en vient se loger au centre
du véhicule, juste sous le panier de tourelle.
Prend corps le moteur Panhard 12 H 6000 S, cylindrée
de 6 litres, 12 cylindres horizontaux à plat en 2 groupes
de 6 opposés, 4 temps, soupapes en tête culbutées,
taux de compression de 6,6, refroidissement par air, carter
sec, d'une puissance nominale de 200 CV à 3 700 tr/mn.,
allumage par deux magnétos.
Le train de roulement.
Autre considération, mais de taille, l'organisation
du train de roulement de l'E.B.R. permet à un engin
de rejoindre avec une ou deux roues endommagées, alors
qu'un seul maillon de chenille manquant immobilise inexorablement
un char.

Depuis le bloc mécanisme,
jusqu'à la transmission du mouvement aux différentes
roues,
ce plan nous offre toute la chaîne cinématique
- Panhard.
Agencé autour de quatre roues indépendantes
pour celles extrêmes, pneus increvables Michelin VPF
24, de quatre en Alpax, relevables oléo-pneumatiquement
pour celles intermédiaires, d'une direction hydraulique
sur deux ou quatre roues, de deux postes de conduite identiques,
avant et arrière.
Deux boites de vitesses à quatre rapports, "variée
et route" avec répartiteurs latéraux,
quatre combinaisons, l'ensemble autorise une vitesse sur route
de 3 à 105 km/h. et permet de passer sans marquer
d'arrêt de la vitesse maximale à la combinaison
la plus réduite, un inverseur permet la marche dans
les deux sens.
D'un rayon de braquage de 10,00 m. sur deux roues, lorsque
sur quatre l'engin fait "carrousel", il est
alors de 6,50 mètres.
La tourelle oscillante FL 11.
Etudiée par Fives Lille à partir d'une l'idée
de l'ingénieur Michaux. Oscillante, en deux parties
distinctes mais solidaires, elle est simple, la supérieure
pointe en site, permet le chargement automatique et la possibilité
d'un tir rapide de trois obus - trop court, trop
long, dedans - dans le même temps que met une
tourelle classique à n'en tirer qu'un seul.

Vue de trois-quart avant, la
tourelle FL 11, son panier, canon SA 49 de 75 mm.,
frein de bouche à deux étages, le corps oscillant
pivote sur deux tourillons
encastrés dans le corps pivotant ou sellette.
C.D.E.B. de Saumur.
Agencée autour du canon de 75 mm SA 49, V° de
600 m/s., frein de bouche à deux étages, nomenclaturée
FL 11 elle équipe l'E.B.R. et l'A.M.X. 13 aux puits
de tourelle identiques. Servie par deux hommes - chef de
voiture-chargeur et tireur - son mouvement s'effectue
au moyen d'un servo-pointage hydraulique offrant une rotation
totale en 14 secondes, ou manuellement à l'aide de
volants. Son pointage en site est de -10° à +15°.
Par la suite, lors de l'adoption et de l'installation du
canon de 90 mm F2, V° de 750 m/s., le frein de bouche
est réduit à un étage.
Jumelée à la pièce, la tourelle dispose
d'une mitrailleuse MAC 31 E, calibre de 7,5 mm., si deux autres
arment les deux extrémités de la caisse, quatre
pots fumigènes complètent le dispositif.
Chapitre munitions, la tourelle abrite vingt obus, trente-six
autres sont en caisses, la dotation pour les mitrailleuses
est de 2 250 cartouches, les chargeurs de 150 coups sont des
"Reibel" circulaires, douze grenades offensives
complètent cette dotation.

Revue d'armes, épiscopes,
mitrailleuse MAC 31, chargeurs circulaires, lunettes
,
Algérie - 8ème hussards - 4ème escadron
- photo J. Spréder.
Les appareils d'observation et de pointage résident
en une lunette de tir direct
APX-L 852 au grossissement de 5,8, deux épiscopes pour
le tireur, huit pour le chef de voiture, restent deux "grains
d'orge" - chef de voiture et tireur - qui contribuent
à dégrossir le pointage.
La radio et l'interphone
Selon la version de la voiture, l'époque, les circonstances
,
celles ordinaires s'articulent généralement
ainsi :
Un poste SCR 528 exploité par le chef de voiture, assure
les communications radio à l'intérieur du peloton
et par interphone celles entre les membres de l'équipage.
Placé en arrière, au dessus du siège
du pilote de marche inverse, un poste SCR 506 ou un poste
TRVM1 assurent la liaison entre le chef de peloton d'A.M.
et son capitaine ou tout commandant d'unité auquel
il est rattaché
Bien d'autres agencement seront exploités, tels que
:
version commandement : TR VM1 ; ANVRC 10 et AM 84.
version rang : ANPRC 10 et AM 84...
A gauche, prise d'arme - Régiment
Etranger de cavalerie - EBR FL 11 / 90.
A droite, Constantinois - Peloton du 1er escadron / 8ème
RH.
A gauche, octobre 1976, Valdahon,
EBR FL 11 / 90, manuvres du 4ème escadron / 8ème
RH.
A droite, Epernay 1955, EBR FL 11 / 75, manuvres.
Dimensions hors tout : longueur de 5,56 m., de 6,157 m. y
compris le tube; largeur de 2,42 m., hauteur ordinaire de
2,32 m.
Equipage de 4 hommes.
Poids sans équipage, tous pleins faits : 12,5 t.
Une capacité de 380 litres lui confèrent une
autonomie moyenne de 600 km.
Profondeur de gué franchissable de 1,20 m.
Pente maximale pouvant être gravie : 60°.
Franchissement de murette d'une hauteur de 0,40 m.
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Serge Pivot,
avec le concours de Robert Alazet,
historien de l'association des anciens du
8ème régiment de hussards.
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